Ici on ne dormira pas, par incapacité, par volonté, par devoir ou par passion, on ne s'endormira pas. Notre résistance au sommeil sera ce poème fait de Gestes, de Sons, d'Images et de Mots. Pour dire, en toute sensibilité, combien la nuit peut être créative et provocante.


L'insomniaque « L'homme est capable de faire ce qu'il est incapable d'imaginer » Il ne peut pas dormir. L'acrobate a la capacité de compliquer les choses, en cherchant à se positionner, son corps défie les lois physiques comme pour inventer une autre apesanteur. En déséquilibre même couché, suspendu à ses draps, cherchant le confort auprès du frigo, il est martyr de son corps-objet, manipulé par ses tensions et ses relâchements.



La veilleuse « L’impossible, nous ne l'atteignons pas, il nous sert de lanterne. » Elle est là pour voir et montrer. Elle ne veut pas dormir. Nous sommes devant une matérialisation de ses pensées. Des visions oniriques et changeantes, qu'elle conserve et peut reproduire. Elle est la gardienne de ces images surréalistes produites à partir de dessins, matières, objets manipulés et vidéo en direct.



L 'artiste « Dans nos ténèbres il n’y a pas une place pour la beauté. Toute la place est pour la beauté. » Pianiste, sa musique est tactile, elle pointe l'émotion du bout du doigt. L'aptitude à ré-accorder le temps et la vibration lui vaut la qualité de demi dieu. Entre noir et blanc, il ne dort pas voilà tout. Il joue! Des études, gammes, morceaux du répertoire classique ou contemporain, compositions originales et improvisations.



Le fugitif « Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d'eux. » Il n'a pas d'endroit qui lui est consacré, il est mobile, de passage, il arrive, repart, traverse des états. Acteur, il peut être partout. Soldat, orateur, sans domicile fixe, inquisiteur, athlète. Il dira tout. Il ne doit pas dormir. Par le jeu et le dispositif scénique, sa voix n'est pas toujours la sienne. Ses paroles impriment dans l'espace des sentiments qui croisent et percutent son action. Ce sont des citations, des poèmes, des mots de René Char. 


questionner la nuit dans son sens sombre dans son sens profond rêveur des mondes meilleurs dans son sens de nuit à questionner le jour rester éveillé tourné vers le soleil attendre le jour la lumière l’espoir au bout être, penser, vibrer, créer obsessions qui empêchent le sommeil de s’installer au moment où l’on est prêt à se laisser aller


les insomnies " la nuit qui m'avait tant servi " c'est : - La volonté de lier nos univers visuels, gestuels et sonores à la poésie faite de mots. - L'envie d'une forme hybride questionnant les possibles du spectacle vivant. - La nécessité d'une résistance esthétique. - L'idée de ne pas s'endormir...